Chez Ecodair recycler c'est aider

Reportage : informatique solidaire                                         Decembre 2017

 

                             Chez Ecodair recycler c'est aider

 

 

ECODAIR

 

A l'approche de Noël les contes de fées reviennent. Au delà des rêves de véritables « IT story » existent via des actions utiles et solidaires. Ces actions, on les trouve en nombre si l'on cherche bien. Trop souvent ignorées des médias, ces « belles » et "véritables" histoires méritent que les rédactions les racontent. En voici Une. Elle concerne Ecodair, association à but non lucratif qui accompagne les personnes en souffrance psychique. Cette communauté redonne vie aussi à des... portables et PC. Elle garantit - ce qui est rare - l'effacement réel des données sur les équipements reconditionnés. Bref un « reset » vers du neuf en partant de la « première main ».

 

 

Fin novembre 2017. Dans le nord de Paris, porte d’Aubervilliers. Ciel nuageux et noir. Pluie à coup sûr en fin de soirée. Voire de la neige. Je stationne ma moto dans une allée discrète de Cap 18, une suite d’entrepôts pour entreprises aux activités multiples. Des camions, des livreurs, des hommes et des femmes à pied pour la plupart. Une zone d'activité à la lisière de la capitale. A deux pas de la ZA, des hommes tendent la main aux automobilistes qui sortent du périphérique. D'autres se réchauffent autour d'un brasero de fortune dans le terrain vague adjacent.

A Cap18, rien à voir avec les espaces « start-up » accueillants et chaleureux, jeunes et « branchés » du cœur de la capitale. Ici, il faut imaginer une ruche en mode marché de Rungis, produits alimentaires en moins. On semble loin de la techno 2.0 et pourtant...

J'y suis pour rencontrer non pas un homme mais des femmes et des hommes dans leur activité. Ils sont pour la plupart en souffrance psychique à des niveaux distincts selon l'administration et ces normes « poétiques » : 20%, 40% voire plus de handicap. La structure Ecodair en statut associatif accueille tout le monde. Elle pratique une activité sociale de réinsertion en mode "écolo": le reconditionnement de portables et ordi de bureau. Et bientôt les smartphones courant 2018.

 

120 millions de mobiles reconditionnés en 2017

Je visite les ateliers accompagné de membres de l'association. Sur 95 collaborateurs d'Ecodair, 72 se trouvent en situation de handicap psychique. Certains pourrons se réinsérer dans la vie active d'autres jamais. Tous m'accueillent avec sourires et bienveillance sur les différents « spots ». L'ambiance est sympa et studieuse. De la prise en charge des machines offertes par des grandes entreprises à la vente au petit magasin sur place, une dizaine d'ateliers sur deux étages travaillent de la réception des matériels tous d'occasion mais âgés de moins de 6 ans. A chaque atelier une étape : le nettoyage d'abord après réception et tri, puis le remplacement de composant hard ou soft, l'effacement et reformatage de toutes les données disques durs et barrettes mémoires (lire encadré), la réalisation de tests des logiciels, le contrôle final, SAV, livraison... sans oublier l'atelier final avant l'exposition en magasin : le spot « relookage ». C'est là que les ordis à coup de chiffons et nettoyants « bio » prennent leur dernier coup de jeune pour se préparer à une nouvelle vie. Près de 20 000 PC ont été reconditionnés en 2016 soit 10 000 kg de déchets « potentiels » sauvés des poubelles via la récupération puis le reconditionnement. Rien que pour le marché des mobiles, 120 millions de mobiles auraient été reconditionnés en 2017, selon le cabinet Gartner. Le secteur devrait atteindre 14 milliards de dollars de chiffre d'affaires et 8 à 9 % du marché global du smartphone en 2017 contre 5 % en 2015. Du coup de nombreux acteurs interviennent Brokers pour la plupart. Très peu sont soucieux de réinsertion sociale et encore moins de "fracture numérique".

Pour Ecodair, c'est un peu le contraire du « business Broker ». « Notre but explique l'un des membres de l'association, c'est bien évidemment de réaliser une action bénéfique pour la planète mais aussi d'amplifier l'action sociale avec une réinsertion et une revalorisation par le travail de personnes handicapées ».

Autre point différenciateur et tout aussi important chez Ecodair: de par leur « cible », les équipements reconditionnés permettre de réduire la trop fameuse « fracture numérique ». Autrement dit, offrir au plus grand nombre l'opportunité d'acquérir un portable ou un PC de bureau. Les prix à la « revente » varient entre 50 euros et 600 euros (pour des équipements haut de gamme) avec une garantie d'un an et une version de Windows N - 1.

« Pour Nous, réduire la fracture numérique, c'est se soucier des plus démunis » explique Hervé Baulme directeur général d'Ecodair. « la fracture numérique constitue une source d'exclusion qui rejoint la fracture sociale. Je pense aux personnes âgées, non diplômées, jeunes de quartiers défavorisés, associations, écoles.... Ecodair multiplie les opérations solidaires en partenariat avec des entreprises et des collectivités. Par ailleurs nous avons un accord avec Microsoft pour utiliser des licences moins chères correspondant à l'avant dernière version des softs ». Au total, environ 70% des machines « reconditionnées » vont chez les particuliers, 30% en entreprises et associations. Le groupe Dassault donne de nombreux équipements après seulement 18 mois d'utilisation. Les caisses d’Épargne aussi. En 2 ans, près de 350 PC venant du Conseil régional des Hauts de seine ont été reconditionnés avec toutes les données effacées puis redistribués aux collégiens boursiers du département.

Ce n'est pas un conte, mais tout le monde comprendra que l'histoire d'Ecodair s'en rapproche comme beaucoup d'autres dans le monde du handicap quelque part à la porte d'Aubervilliers ou ailleurs. Elle mérite non seulement d'être connue mais surtout soutenue.

@jpbichard

http://www.ecodair.org

 

 

Effacement des données : pres de la moitié ne sont pas réellement détruites selon la dernière étude de Kroll Ontrack

Source: Communication Kroll Ontrack  (nov. 2017) :

 

Kroll Ontrack a récemment mené une étude mondiale sur la sécurité révélant que nous mettons trop facilement nos informations personnelles en danger. La société de récupération de données a analysé des disques durs d'occasion achetés en ligne pour voir s'ils contenaient des traces de données après avoir été vendu par les propriétaires précédents. Parmi les disques examinés par Kroll Ontrack, des traces de données ont été trouvées sur près de la moitié.

Malgré les efforts d'un utilisateur pour effacer ses données, elles peuvent être récupérées facilement si un effacement n'est pas correctement effectué. L'étude de Kroll Ontrack a été réalisée à l'échelle mondiale : les États-Unis, l'Allemagne, la France, l'Italie, la région Asie-Pacifique, la Pologne et le Royaume-Uni ont participé.

Pour cette étude, Kroll Ontrack a acheté 64 disques durs d'occasion de diverses marques sur eBay (vendeurs privés / consommateurs) et a analysé si les disques avaient été effacés avec succès ou contenaient encore des traces de données. L'étude a révélé qu'il restait des traces de données sur 30 disques (47%), tandis que les 34 disques restants avaient été nettoyés avec succès (53%).

La probabilité de trouver des données personnelles n'est pas le résultat le plus inquiétant de l'étude, mais plutôt la sensibilité de cette information. Pour les utilisateurs imprudents ou mal informés, la vente d'appareils contenant des données personnelles s'apparente à la vente de leur identité.
C'est le cas d'un disque dur qui appartenait à une entreprise utilisant un fournisseur de services pour effacer et revendre ses anciens disques. Ce média contenait malgré tout une mine d'informations très sensibles, y compris les noms d'utilisateur, adresses de domicile, numéros de téléphone et les détails de carte de crédit. Il contenait une liste d'environ 100 noms comprenant des informations sur leur expérience professionnelle, leur fonction, les numéros de téléphone, les compétences linguistiques, les dates de leurs vacances et un carnet d'adresses de 1 Mo.



Le diable est dans les détails

18 des 64 disques examinés contenaient des informations personnelles critiques ou très critiques. Près d'un tiers (21 disques) contenait des photos personnelles, des documents privés, des courriels, des vidéos, des photos de mariage, de l'audio ou de la musique. Des informations de compte utilisateur ont été découvertes sur huit lecteurs, y compris les données de connexion telles que les prénoms et les noms, les coordonnées, les adresses e-mail, les noms de comptes en ligne et les mots de passe.
                                                                                                                            
La récupération de données transactionnelles a été possible sur sept disques durs. Cela incluait les noms de sociétés, les bulletins de salaire, les numéros de cartes de crédit, les coordonnées bancaires, les détails d'investissement et les déclarations de revenus.

Un média contenait toujours l'historique de navigation, tandis que des données explicites étaient présentes sur un autre.



Le risque s'étend au monde des affaires

Le domaine personnel n'est pas le seul à être touché, car des informations de nature professionnelle se retrouvent très souvent sur des appareils privés, comme par exemple les données commerciales.
Six disques contenaient des données commerciales critiques telles que les fichiers CAO, PDF, jpgs, clés et mots de passe. Kroll Ontrack a même trouvé les paramétrages complets de boutiques en ligne, des fichiers de configuration et des vidéos de formation. Cinq autres contenaient d'autres données liées au travail : les factures et les bons de commande, dont une grande partie comprenant des renseignements personnels sensibles.



Méthodologie

L'étude a différencié les disques HDD et SSD. Bien que les disques SSD ne soient pas épargnés, ils ont une tendance à faciliter l'effacement des données.

Sur les 64 disques achetés au total, 37 étaient des disques durs HDD et 27 étaient des disques SSD. Plus de la moitié des disques durs HDD contenaient des traces de données alors que seulement un tiers des disques SSD en contenaient.

La méthode utilisée par les anciens propriétaires pour effacer les données avant de vendre leur média a démontré une approche trop souvent banale. Bien que la méthodologie d'effacement n'ait pas pu être déterminée pour chaque commande, au moins huit n'ont subi aucune tentative d'effacement. La tendance générale est évidente : les gens mettent leur identité et leur vie privée beaucoup trop facilement en danger.

La meilleure méthode pour effacer des données est le formatage de bas niveau. Cette méthode réinitialise efficacement les lecteurs aux paramètres d'usine. Les écrasements multiples offrent une sécurité supplémentaire, en particulier lorsque l'effacement des données doit répondre à des normes d'écrasement légales spécifiques. Les solutions d'effacement professionnelles se distinguent par les caractéristiques suivantes : certifications indépendantes, utilisation d'algorithmes standard internationaux, reporting détaillé et traçabilité des suppressions exécutées.



Les défis de l'effacement des SSD

Kingston Technology, fabricant et expert dans le domaine des disques SSD, souligne que les disques SSD se comportent très différemment des disques durs lorsqu'ils enregistrent ou effacent des données. Ces différences technologiques présentent leurs propres défis techniques lorsqu'il s'agit de supprimer de manière sécurisée les données des supports de stockage Flash. Les disques SSD ont plusieurs fonctions qui affectent l'état des données stockées, comme la fonction FTL (Flash Translation Layer), qui contrôle le mappage des fichiers, ainsi que le niveau d'usure, Trim, Garbage Collection et le chiffrement permanent. Tous ont un impact sur la récupération des données supprimées.

 

 

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